Culture

Les Ashanti, compte tenu de la richesse en matières premières de leur pays, et notamment en or, sont d'excellents orfèvres et ont gardé la tradition de splendides bijoux de ce métal précieux. Mais on a moins en souvenir leur tradition de sculptures funéraires en terre cuite qui, malgré une pratique intermittente au cours des siècles, reste néanmoins une des composantes essentielles de leur riche héritage culturel, venant s'ajouter aux insignes plus manifestes de la royauté (bijoux, trésors royaux, trônes et sièges, couronnes, sandales, épées…). Les premiers récits des voyageurs européens, à partir du XVIIe siècle, relatent sans équivoque la pratique rituelle du portrait funéraire.

C'est ainsi qu'au quarantième jour après la mort d'une personne de haut rang, une célébration précédée d'un court rituel familial, donne lieu au déplacement de son effigie en terre cuite, toujours accompagnée des figures plus petites de ses proches.

Pieter de Marees note que « ... toutes les affaires du défunt, ses armes et ses vêtements, sont enterrées avec lui, et tous les gentilshommes qui le servaient ont chacun leur portrait en argile, d'après nature, et joliment peint. Ils sont tous placés et arrangés autour de la tombe, l'un à côté de l'autre... »

Pourtant, les représentations ne sont pas des portraits. Il y a un parti pris de naturalisme, avec un grand luxe de détails : la représentation fidèle d'une coiffure compliquée, la restitution exacte d'un ensemble de nattes, de tresses, de chignons, de petites boules de cheveux, celle des scarifications, de la barbe en pointe, en collier.

Indépendamment de ces repères réalistes, l'artiste représentait les canons de la beauté que l'on peut appeler « classique », en faisant de ses mains, une libre interprétation des êtres disparus, plus évocateurs, culturellement identifiables, appartenant à un clan, une culture, une ethnie, facilitant ainsi les contacts poétiques et pleins de mystère qui lient les humains et le surnaturel, la vie à la mort.