Esthétique

La représentation Ashanti s'est principalement intéressée à des représentations de têtes humaines, hommes et femmes, traitées avec le même soin de détails et de raffinements. On y a décelé majoritairement, vu l'organisation, entre le XVIe et le XVIIIe siècle de notre ère moderne, en une succession de petits royaumes, fondés sur les chefferies, la représentation de rois, de reines, de courtisans et de favorites.

Mais il ne s'agit pas à proprement parler de véritables portraits, même si certains détails soulignent le naturalisme de la sculpture : scarifications à la commissure des lèvres, simples chignons ou structures savantes composées de multiples tresses, de petites boules...

L'association entre représentation funéraire et royauté est confirmée par plusieurs sources, tant orales qu'écrites. Les récits témoignent que, par le passé, chaque fois qu'un chef Akan ou un personnage de haut rang mourrait, on commandait à une vieille femme artiste et douée de clairvoyance, une représentation en terre cuite du défunt. Progressivement, les portraits royaux Akan ont eu tendance à être idéalisés et les attributs de la perfection physique y sont souvent manifestes : plis de chair annelés autour du cou, yeux proéminents, nez et bouche bien dessinées, tous critères de grande beauté dans la culture Akan.

Dans la tradition funéraire Ashanti, on distingue 5 ou 6 types de statues différentes, la plupart mal connue. Nous n'aborderons que les deux types des plus courants qui sont amplement représentés dans ces quelques pages consacrées à la statuaire Akan Ashanti : les têtes plates et les têtes rondes.

• Les têtes dites « plates »

Elles sont de petit modèle (10 à 20 centimètres), uniquement sculptées sur le recto, en général et présentant des traits de visage schématiques : sourcils bien dessinés, oreilles présentes, coiffure travaillées, scarifications précisées, yeux proéminents, en fente, souvent clos.

• Les têtes creuses, dites aussi « rondes »

Beaucoup plus importantes que les précédentes, tant sur le plan de la taille (elles peuvent avoir, véritablement, la grosseur d'une tête normale) que sur le plan de l'esthétique, ces têtes sont superbes, finement décorées, arborant de multiples détails naturalistes.

D'une façon générale, la statuaire est élégante, fine, sophistiquée, très réaliste. On pourrait presque dire naturaliste, tant elle souvent copiée à l'identique du modèle : les têtes en terre cuite sont souvent grandeur nature, ce qui en accentue le réalisme et la grande expressivité des visages : dessin des paupières, parfois même des pupilles, rides et plis de la peau, sourires et mimiques. De toutes les façons, et toujours, l'image royale est non seulement la plus grande, mais la plus ornée de toutes les figurines trouvées dans les sépultures. Le style des coiffures sert à reconnaître l'effigie représentée : certain chignon pointant au sommet de la tête est une marque de distinction sociale, un autre, caractéristique des prêtres akan, un autre réservé à une élite qui y ajoute des ornements en or et des bijoux et les multiples nœuds dans les cheveux que les têtes nous montrent aujourd'hui représentent sans doute d'anciennes pépites d'or...