Histoire

Jusqu'à l'arrivée des explorateurs portugais en 1474, les différentes populations Akan étaient organisées en petits royaumes indépendants. L'or y paraissait si abondant dans la région que les Portugais la nommèrent Côte de l'Or. Les tribus indigènes ont conservé de tous temps, la tradition de cette orfèvrerie d'or, l'omniprésence de l'or dans le quotidien des souverains, le luxe de leurs parures, la hiérarchie sociale où le pouvoir s'exprime en or. Le roi ne peut se montrer ou donner audience sans porter l'or en abondance dans sa tenue, ses bijoux, son trône, ses signes de pouvoir. L'or est partout dans sa chevelure, dans sa parure, dans ses vêtements. Et que penser alors des rituels de funérailles ? De la place de l'or dans les cérémonies d'adieu aux défunts ?

Autrefois, au sein de l'ethnie Akan, il était d'usage, et l'on peut remonter à une date fort ancienne, de fabriquer des effigies placées dans les lieux de culte rendus aux morts. Lors d'un long séjour sur la Côte de l'Or, en 1601, Pieter De Marees a observé des funérailles royales. Il rapporte que les personnages importants étaient représentés en argile modelée et peinte. Ces effigies étaient disposées autour de la sépulture.

Les têtes modelées dans la terre cuite ne révèlent pas, au premier abord, leur proximité avec la mort. Elles ont cependant des caractéristiques stylistiques constantes : un ovale ou un arrondi presque parfait, des traits réguliers, un long cou. La sérénité apparente de la plupart de ces pièces se trouble parfois lorsque les yeux, fortement saillants, semblent fixes et quand la bouche dessine une moue et quelquefois un léger sourire.

Il semble que les portraits funéraires de personnages royaux en terre cuite aient fonctionné par le passé de la même façon que la photographie, pour raviver et entretenir le souvenir du défunt. Pour les Akan, cet art sculptural était profondément empreint d'une signification et d'une fonction sociales : aux côtés des figures commémoratives du chef étaient confectionnées des statuettes à l'image des membres de sa famille et des courtisans vivants, principalement les femmes, les linguistes, les tambourinaires et les trompettes.