Technique

S'appuyant sur les témoignages des voyageurs européens, les chercheurs soutiennent que l'art des terres cuites funéraires doit son origine à l'arrivée des Européens sur la côte et à l'expansion de la religion catholique en particulier. Il y aurait donc une sorte de copie d'une pratique iconoclaste vue chez d'autres...

Quoi qu'il en soit, les terres cuites sont bien des effigies représentant de façon idéalisée des défunts, parés de toutes les vertus humaines et notamment de tous les canons esthétiques chez les vivants. Ces portraits funéraires étaient cuits dans des fours, on a retrouvé leurs traces, et les terres cuites étaient creuses, pour éviter l'éclatement. Elles présentent à l'arrière de la tête, le plus souvent, un trou pour permettre une bonne cuisson de la pièce, avec circulation des gaz et vapeurs et leur évacuation, sans risques de fissurations.

Elles sont grandeur nature, très réalistes, de très belle facture. La sculpture est élégante, fine, délicate, la terre elle-même est homogène, de belle qualité, douce, comme si elle avait été préalablement mûrement choisie, longuement travaillée, tamisée, malaxée.

C'est que les Akan avaient très vite compris la résistance de la terre cuite à l'humidité et aux termites, et avaient choisi l'argile comme matière de leur sculpture commémorative.

Les voyageurs européens nous ont appris également qu'elles étaient peintes, renforçant encore leur aspect naturaliste. La terre cuite devrait se couvrir d'une sorte de maquillage très subtil, comme un engobe temporaire que le temps a effacé.

Certaines particularités du visage, des détails anatomiques distinctifs, comme la grandeur des yeux et des lèvres, la hauteur du front, importaient aux artistes en tant que procédés formels destinés à la mémoire du mort, à sa meilleure identification et son immédiate reconnaissance.

N'oublions pas que, chez les Akan, bien plus que le simple culte des morts, la représentation funéraire établit un lien avec l'au-delà, sorte de passerelle vers plus de puissance, plus de savoir, plus de sagesse. Les morts ont, en effet, accès à un niveau d'existence plus élevé qui leur permet d'aider les vivants dans les périodes critiques. Cette statuaire renforce donc les liens spirituels avec les ancêtres et permet de puiser dans les pouvoirs que ces derniers ont acquis.

Il est très touchant de savoir que cette pratique des représentations funéraires a perduré jusqu'aux années 1940, pour décroître et disparaître avec le siècle dernier, remplacée par la plus simple, et combien plus frustrante pour l'art sculptural, photographie...