Culture

Djenné-Djono et Djenné se situent sur le passage obligé du commerce transsaharien, véritables charnières entre le monde nomade et le monde sédentaire. Les caravanes qui traversent le désert jusqu'à Tombouctou, échangeant esclaves et or contre du sel, transitent par ces cités qui connaissent un développement extraordinaire. Les conditions exceptionnelles environnementales de sécurité et d'abondance favorisent une véritable explosion artistique, d'autant plus que l'islamisation de Djenné, le long du fleuve Niger, en 1043, n'empêche, en aucune façon, la production artistique de se développer dans tout le bassin du fleuve… Le XIIIe siècle est considéré comme l'apogée de la production des magnifiques figurines humaines et animales de cette civilisation qui décline à partir du XIVe siècle.

En 1943, Théodore Monod découvre la première statuette en terre cuite de la civilisation du Moyen Niger, sur la butte de Kaniana, à deux kilomètres de Djenné. Depuis cette date, de nombreux objets en argile cuite, fer et bronze ont été trouvés dans des tumulus. Ils sont la production de la culture Djenné qui s'est développée du VIIIe au XVIIIe siècle et que 65 sites de fouilles en activité dans la périphérie immédiate de Djenné remontent à la surface et à notre connaissance.

Dans les années 1970, apparurent sur le marché de l'art des statues qui étonnèrent collectionneurs et chercheurs. Ces statues ont été trouvées dans le delta intérieur du Niger, vaste territoire inondable entre Ségou et Tombouctou, au Mali.

La première de ces pierres, nous l'avons vu, ayant été trouvée près de Djenné, ces pierres et statues prirent un peu improprement le nom de " pierre de Djenné ", " statue de Djenné ", " style de Djenné ". La vérité est qu'une grande partie de ces statues a été retrouvée très loin de Djenné...

Comme à l'habitude, et comment les en blâmer, les habitants se sont lancés dans des fouilles sauvages et les pièces ont circulé, sans que l'on puisse faire de relevés, de dessins, d'essais de datation, de recherches etc.… Les principales trouvailles remontent donc aux vingt cinq dernières années, lorsque des modifications sont apparues dans le rythme et la qualité des inondations du delta du Niger, laissant de nouveaux endroits de rivière à sec. L'analyse des pièces, par test de thermoluminescence, a donné pour ces statues, des dates s'étalant des XI-XIIe siècles, pour les plus anciennes, jusqu'au XVIIIe, pour les plus récentes. La majorité des pièces est, quant à elle, datée des XIV et XV siècles.