Histoire

Les premiers habitants de Djenné-Djono (à quelques kilomètres du futur Djenné) s'y sont installés dès le IIIe siècle avant J.-C. La ville est construite sur une île de 88 hectares, entre deux bras du Bani, affluent du Niger.

La cité connaît son apogée vers le XIIIe siècle de notre ère, en s'étalant sur plus de 30 hectares. Cette civilisation pré-islamiste reste, comme bien d'autres, totalement mystérieuse. Pourtant, on a pu chiffrer à près de 1.600 ans l'occupation ininterrompue de cette ville peuplée de plus de 10.000 habitants, avec une population périurbaine et " banlieusarde " de 50.000 habitants. La ville devient très vite, tout au long de son histoire, le centre de l'expansion de l'Islam en Afrique noire.

Les fouilles attestent d'un commerce de longue distance, très ancien, orienté vers les mines et les carrières du Sahara (granit, grès, basalte). Cette activité était importante avant que ne se manifestent les premières importations venues d'Afrique du Nord. Djenné a toujours été un carrefour pour le commerce transsaharien. Les marchandises en provenance du nord, notamment les bijoux et le sel gemme s'échangeaient contre les produits du sud, les noix de cola, l'or et l'ivoire.

Comment expliquer la disparition de cette ancienne civilisation africaine ? Deux hypothèses se sont fait jour. La première manifestation est d'ordre politique et religieux : c'est la poursuite des inhumations des morts en jarres funéraires, jusqu'au XIVe siècle qui semble montrer que tout ou partie des habitants de Djenné-Djono refusait de se convertir à l'Islam.

Qu'en est-il résulté de ces populations ? Déplacement, mouvement de masse, fuite ? Ceci expliquerait la construction à quelques kilomètres seulement d'une nouvelle cité islamique, Djenné.

Seconde hypothèse, enfin : cette période aurait été marquée par une série de sécheresses successives qui aurait obligé les populations résidantes à se rapprocher du fleuve Niger. Les deux hypothèses peuvent d'ailleurs être cumulées...

Du XIIe au XIVe siècles se met en place, au Mali, le temps de l'Empire et de l'Islamisme. Après plus d'un siècle d'évolution, le pays s'organise de façon structurée, le pouvoir impose au Mali (ou Manding) le rassemblement de tous les peuples du Soudan (Sosso, Bambara etc.). Le pays, véritable état fédéral, connaît un fort développement économique, grâce à l'exploitation de l'or et le commerce le long de la vallée du Niger, avec ses débouchés sur le Sahara. Ce développement se poursuit au XIVe siècle, en s'islamisant plus encore et en développant le commerce avec le Maghreb.

Au XVe siècle, cet état s'affaissera sous les coups conjugués, souvent, des Mossi, des Songhaï et des Touaregs. En 1443, Djenné est conquise par les Touaregs, puis par l'Empire songhaï en 1470. Le Maroc prend possession de Djenné en 1591. En 1670, Djenné appartient au royaume Bambara de Ségou, puis conquise par Sékou Amadou (Empire Peul du Macina) en 1819. Puis par l'Empire Toucouleur d'El Hadj Tall en 1862, avant d'être reprise par les troupes françaises de Louis Archinard en 1893, lors de la pénétration coloniale française. Elle est alors intégrée au Soudan français.