Culture

À notre connaissance, la littérature sur le Komaland est très succincte et l'on ne sait pas grand'chose de cet aspect, pourtant passionnant de la céramique africaine. Les auteurs s'accordent à conférer à cette statuaire un usage funéraire. Selon le rapport qui fait suite à une campagne de fouilles minutieuse en août 1984, « les mœurs funèbres de sépulture sous une superstructure formée de pierres posées de façon circulaire et d'un amas de pierres et divers objets n'ont pas de précédents aussi sophistiqués au Ghana ». Selon le résumé des recherches, « l'art de la terre cuite de l'antique Komaland semble être l'œuvre d'artisans traditionnels compétents et sensibles à l'esthétique. Cet art a en lui, sans aucun doute, de forts éléments symboliques ».

La forme élémentaire de ces cônes de pierre semble être la figuration du phallus masculin, d'autant plus lorsqu'il est fiché en terre. La pénétration du phallus dans la terre est analogue à l'acte de procréation et symbolise la fertilité. La tête et le visage qui demeurent au-dessus du sol représentent probablement les esprits des ancêtres et symbolisent soit la réincarnation, la nouvelle vie du défunt, soit les esprits qui le protègent.

Le sommet des têtes est concave, comme un bol. Il semble que l'artiste ait pressé le centre de la tête avec ses pouces, pour y creuser un réceptacle. Plus étrangement, ce bol est relié aux narines par des passages intérieures qui donne à penser que ces têtes étaient destinées à recevoir des offrandes liquides, s'écoulant du crâne au nez, pour ensuite se déverser sur la terre.

Le même processus se répétait lorsqu'il pleuvait, permettant le passage de fluides divins ou sacrés vers le sol. Si l'on ajoute que ces sortes d'entonnoirs, dans les cavités des bols, ont la forme d'un vagin et que les protubérances du réceptacle ressemblent à celles du clitoris, l'observateur comprendra combien l'intention est symbolique.

Ostensiblement, les personnages sont des représentations de dignitaires, de cavaliers, de chasseurs, ornés de colliers, de ceintures, de bracelets, aux nombrils et aréoles proéminents. Ou seulement des têtes, très travaillées, avec des détails de barbe, des narines et des oreilles percées, des chevelures sophistiquées. La plupart ont été trouvées dans des tombes, le reste à la surface de la terre, parfois ornés de cauris. N'oublions pas que la coquille de cauri représente l'organe génital féminin dans plusieurs cultures d'Afrique de l'ouest...