Esthétique

Certaines caractéristiques de la statuaire Koma sont rémanentes : les représentations coniques des têtes de terre cuite se terminent par des crânes en forme de point ou, au contraire, en forme de mug ou de colonne tronquée, plusieurs figures humaines portent des chapeaux ornés de cauris. D'autres coquilles de cauris sont placées sur la bouche, le sexe et sur d'autres parties du corps.

Les yeux ressemblent à des lunettes et les oreilles, à deux poignées solidement attachées à l'arrière de la tête. Les bouches sont généralement ouvertes, comme si les personnages muets chantaient ou parlaient. Deux bouches, séparés du reste des visages, ont été jointes ensemble pour former un nouvel orifice dont nous ne parlerons pas davantage ! Un autre exemple de cette statuaire un peu magique : des visages ont été soudés à d'autres visages, auxquels on a rajouté des bras et des jambes. L'ensemble semble avoir représenté une renaissance anthropomorphique. Comme ces visages Janus qui semble figurer une certaine solidarité sociale. Et cette combinaison des deux sexes sur de mêmes objets, comme décrit plus haut, qui peut être interprétée comme l'union des deux sexes, la création de la vie, la préservation de l'espèce. On en est arrivé à se demander si les potiers du Komaland ne seraient pas, en fin de compte, des potières...

Les traits sont marqués, souvent grossièrement. La bouche est fendue horizontalement, les yeux, le nez, les sourcils, barbes et moustaches sont, le plus souvent, formés de bourrelets de terre. La tête, au sommet, est concave et percée, permettant la bonne cuisson de la pièce.

Ces têtes semblent avoir été sculptées en tant que telles, sans corps, rappelant la statuaire Akan ou Anyi. Elles ont l'allure d'une sorte de bouchon, en réalité davantage une sorte de clou, de « tee », enfoncées en terre de façon circulaire autour de tumuli, tombes elles-mêmes circulaires et recouvertes de pierres.

Des statues plus complètes ont été trouvées, avec un corps, souvent assis, dans une position hiératique, mains sur les genoux. Des statues plus élaborées encore ont été trouvées, quelques cavaliers, notamment, richement parés, à dos de cheval ou de chameau, attestent de la fortune acquise au cours d'expéditions marchandes, le long des routes transsahariennes. Des scènes de la vie courante (femmes allaitant, préparant la nourriture...), des re présentations de rois ou de chefs, des esclaves enchaînés, des pièces de mobilier, des instruments de musique, un riche bestiaire complètent le corpus sans limite de cette art si créatif et si vivant.