Histoire

Les anthropologues de l'Université de Münster découvrent en 1984 d'anciens tertres funéraires, au nord du Ghana, au sud de la frontière avec le Burkina-Faso, sur le territoire des Koma-Bulsa. L'information ne reste pas secrète et les paysans de la région commencent à rechercher et à déterrer, fin des années 80, des céramiques de petit format, représentant, le plus souvent, des têtes, presque toujours masculines, semble t'il, d'une certaine force. Toutes étaient enfoncées dans la terre et personne n'en connaissait l'origine. Poétiquement, les paysans appelèrent ces petites sculptures, de 7 à 18 cm maximum, « Kronkronbali », c'est-à-dire leurs enfants d'antan...

Les résultats des tests de thermoluminescence indiquent que les objets ont été créés entre le XIIIe et le XIXe siècle. A cause de cette ancienneté, ils ont donc été attribués aux ancêtres du peuple moderne des Koma-Bulsa, un sous-groupe de l'ethnie Mole-Dagbani du nord du Ghana.

On peut donc considérer que les statues Koma sont contemporaines des têtes Akan du Ghana et des fameuses statues Djenné du Mali. Rappelons que les têtes Akan sont datées du XVIe au XVIIIe siècle, les statues Djenné du IX au XVIIIe siècle.

Ce n'est donc que depuis 30 ans que les villageois du Komaland déterrent de petits sujets anthropomorphiques ou zoomorphes dont la qualité esthétique a séduit les experts en art africain, puis les connaisseurs, puis le marché de l'art et les chasseurs de trésors, au détriment de toute étude rationnelle et de relevés anthropologiques utiles à la connaissance.